Vous pensez acheter un bien à plusieurs tout en protégeant vos proches ? Découvrez comment l’achat en indivision avec usufruit peut allier souplesse, transmission et sécurité juridique.
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14/7/2025

Acheter un bien à plusieurs est déjà une démarche stratégique, mais y associer un démembrement de propriété comme l’usufruit permet d’aller encore plus loin. Ce montage patrimonial, bien que technique, offre des avantages fiscaux, successoraux et de gestion très intéressants.
Dans cet article, découvrez en détail comment acheter en indivision avec usufruit peut devenir un outil puissant de protection et de transmission.
L’achat en indivision avec usufruit combine deux notions juridiques : l’indivision, où plusieurs personnes sont propriétaires d’un bien ensemble, et le démembrement de propriété, où l’on sépare la pleine propriété en usufruit (le droit d’utiliser le bien ou d’en percevoir les revenus) et nue-propriété (la propriété du bien sans droit d’usage).
L’usufruitier peut habiter le bien ou le louer, tandis que le nu-propriétaire détient la propriété réelle du bien, mais sans en jouir jusqu’à l’extinction de l’usufruit.
En indivision, chaque coacquéreur possède une quote-part. Il peut s’agir de personnes détenant des droits identiques ou de droits différents, comme dans le cas d’un usufruitier et de plusieurs nus-propriétaires.
Il est possible d’acquérir un bien où une personne détient l’usufruit et d’autres la nue-propriété, tout en étant tous en indivision. Cela permet par exemple à un parent de conserver l’usage du bien tout en le transmettant à ses enfants de son vivant.
En savoir plus sur l'achat en indivision ? Lire cet article.
L’achat en indivision combiné à un démembrement de propriété est une solution juridique souple qui s’adapte à de nombreux profils. Que ce soit pour anticiper une transmission, sécuriser un proche ou optimiser un investissement, ce montage offre une palette d’usages possibles.
C’est l’un des cas les plus courants. Un parent achète avec ses enfants et choisit de conserver l’usufruit du bien, laissant à ses enfants la nue-propriété.
Avantages :
💡 Exemple réel : Une mère veuve achète une maison secondaire avec ses deux enfants. Elle conserve l’usufruit pour y passer sa retraite. Les enfants n’auront aucun droit de succession à payer à son décès, car la nue-propriété leur a été transmise en amont.
Un couple peut aussi acheter en indivision avec démembrement, notamment via un démembrement croisé, très protecteur pour les couples non mariés.
Ce mécanisme est particulièrement pertinent lorsque le couple n’a pas de lien juridique fort (ni mariage, ni PACS), ce qui évite que la part du défunt ne revienne à sa famille.
⚠️ Attention : ce type de montage doit être accompagné d’un acte notarié précis, notamment en matière de fiscalité et de protection en cas de séparation.
Des associés ou membres d’une même famille peuvent structurer un achat à visée patrimoniale et fiscale, notamment via :
Cela permet de :
💡 Cas concret : un chef d’entreprise acquiert un appartement avec ses enfants. Il conserve l’usufruit via sa SCI pour y loger un salarié, pendant que ses enfants en détiennent la nue-propriété. À terme, ils récupèrent un bien payé, valorisé, sans effort financier.
Associer indivision et démembrement de propriété permet de répondre à plusieurs objectifs à la fois patrimoniaux, fiscaux et familiaux. Ce montage juridique est régulièrement utilisé par les notaires et les conseillers en gestion de patrimoine dans le cadre de stratégies de transmission, de protection ou d’optimisation successorale.
Le démembrement permet de transmettre un bien immobilier tout en réduisant fortement les droits de succession. En effet, seule la nue-propriété est transmise, l’usufruit étant conservé par le donateur.
Lors du décès de l’usufruitier :
Ce dispositif est particulièrement adapté aux donations anticipées, permettant de donner un bien à ses enfants tout en conservant son usage ou les revenus locatifs.
L’indivision avec usufruit est un outil puissant pour protéger un conjoint survivant, notamment dans les familles recomposées ou les couples non mariés.
En attribuant l’usufruit à son conjoint (ou partenaire de PACS), ce dernier :
Pendant ce temps, les enfants issus d’une première union peuvent détenir la nue-propriété, sécurisant ainsi leur héritage tout en garantissant l’usage du logement au conjoint.
Ce type de montage permet d’éviter les conflits successoraux, tout en respectant les équilibres familiaux.
Grâce au démembrement, il est possible de donner progressivement un bien immobilier, tout en conservant un certain contrôle. Par exemple :
Ce montage permet :
L’achat en indivision avec démembrement de propriété repose sur une organisation juridique précise, qui doit être anticipée et formalisée avec rigueur. Cette structuration s’appuie sur trois piliers fondamentaux : la répartition des droits, l’acte notarié, et la convention d’indivision.
Le démembrement consiste à dissocier deux droits sur un même bien :
Dans un achat en indivision, les coacquéreurs peuvent se répartir librement ces droits en fonction de leur situation familiale, de leur objectif patrimonial ou de leur contribution financière.
Exemples :
👉 La valeur respective des droits doit être calculée selon le barème de l’article 669 du CGI, en fonction de l’âge de l’usufruitier. Ces proportions sont essentielles pour fixer les parts indivises, répartir les droits et éviter tout redressement fiscal.
L’achat doit obligatoirement être formalisé par acte authentique devant notaire, qui :
Le notaire veille également à la conformité avec la législation fiscale, notamment si le démembrement est lié à une donation partielle ou à une stratégie patrimoniale complexe.
⚖️ En cas de mauvaise répartition ou de rédaction floue, le montage peut être contesté par l’administration fiscale ou un héritier à l’ouverture de la succession.
La rédaction d’une convention d’indivision est fortement recommandée — et souvent indispensable — dans ce type de structuration. Elle permet de définir les règles de fonctionnement entre les indivisaires et d’anticiper les sources potentielles de conflit.
Elle doit notamment intégrer des clauses spécifiques liées au démembrement, telles que :
Cette convention, rédigée par le notaire, évite les blocages, protège les parties et encadre les relations entre les coacquéreurs tout au long de la vie du bien.
L’achat en indivision avec démembrement de propriété repose sur une organisation juridique précise, qui doit être anticipée et formalisée. Cette structuration s’appuie sur trois piliers fondamentaux : la répartition des droits, l’acte notarié, et la convention d’indivision.
Le démembrement consiste à dissocier deux droits sur un même bien :
Dans un achat en indivision, les coacquéreurs peuvent se répartir librement ces droits en fonction de leur situation familiale, de leur objectif patrimonial ou de leur contribution financière.
Exemples :
👉 La valeur respective des droits doit être calculée selon le barème de l’article 669 du CGI, en fonction de l’âge de l’usufruitier. Ces proportions sont essentielles pour fixer les parts indivises, répartir les droits et éviter tout redressement fiscal.
L’achat doit obligatoirement être formalisé par acte authentique devant notaire, qui :
Le notaire veille également à la conformité avec la législation fiscale, notamment si le démembrement est lié à une donation partielle ou à une stratégie patrimoniale complexe.
⚖️ En cas de mauvaise répartition ou de rédaction floue, le montage peut être contesté par l’administration fiscale ou un héritier à l’ouverture de la succession.
La rédaction d’une convention d’indivision est fortement recommandée et souvent indispensable dans ce type de structuration. Elle permet de définir les règles de fonctionnement entre les indivisaires et d’anticiper les sources potentielles de conflit.
Elle doit notamment intégrer des clauses spécifiques liées au démembrement, telles que :
Cette convention, rédigée par le notaire, évite les blocages, protège les parties et encadre les relations entre les coacquéreurs tout au long de la vie du bien.
L’indivision avec démembrement de propriété peut sembler technique, mais elle s’avère particulièrement utile dans certaines situations patrimoniales. Voici deux exemples pratiques illustrant son fonctionnement.
Monsieur Bernard, 65 ans, souhaite transmettre progressivement son patrimoine immobilier à ses enfants tout en gardant la possibilité de vivre dans son appartement parisien.
Il procède donc à un achat en indivision avec démembrement :
Avantage : Monsieur Bernard peut continuer à habiter le bien ou le louer pour compléter sa retraite, tout en organisant une transmission anticipée de son patrimoine.
À son décès, l’usufruit s’éteint automatiquement et les enfants deviennent pleins propriétaires, sans droit de succession à payer sur la part transmise grâce à la fiscalité avantageuse du démembrement.
Ce montage est souvent utilisé dans le cadre de stratégies patrimoniales intergénérationnelles, pour éviter les tensions liées à une indivision classique.
Marc et Sophie vivent ensemble depuis 10 ans mais ne sont ni mariés ni pacsés. Ils souhaitent acheter leur résidence principale à deux, mais souhaitent aussi protéger le survivant en cas de décès.
Leur notaire leur propose un montage en démembrement croisé :
Résultat : Si l’un d’eux décède, le survivant conserve l’usage total du logement, sans avoir à racheter de part ou demander l’accord des héritiers. À terme, les héritiers récupèrent leur part en nue-propriété à la fin de l’usufruit.
Ce montage, bien que plus complexe, est très protecteur pour les couples non mariés, souvent exclus des successions sans dispositions spécifiques.
La mise en place d’un démembrement dans le cadre d’une indivision nécessite des actes notariés précis. Le coût dépend de la valeur des droits transmis, du nombre de coindivisaires, et de l’objectif du montage.
Les frais d’acquisition sont répartis en fonction des droits de chacun.
L’usufruit est évalué selon un barème fiscal établi par l’article 669 du Code Général des Impôts (CGI). Plus l’usufruitier est âgé, moins sa part est élevée.
Exemple de barème :
Ainsi, pour un bien d’une valeur de 300000€ acheté avec un usufruitier de 60 ans :
Chaque partie paiera les droits et les frais notariés en fonction de la part qu’elle détient.
Pour sécuriser les relations entre coindivisaires, notamment en présence d’un démembrement, il est vivement recommandé de faire rédiger une convention d’indivision.
Ce document, signé devant notaire, définit :
💶 Tarif indicatif : entre 800€ et 1500€, selon la complexité et les clauses spécifiques.
Ce coût initial peut éviter des conflits juridiques ou successoraux coûteux à l’avenir.
Si l’achat en indivision couplé à un démembrement de propriété présente de réels avantages patrimoniaux, il comporte aussi des fragilités, souvent sous-estimées. Une mauvaise anticipation peut conduire à des blocages juridiques ou familiaux, avec des conséquences parfois lourdes.
En indivision, chaque coindivisaire détient un droit indivis sur l’ensemble du bien, et non sur une partie définie. Cela signifie que les grandes décisions — vente, location, travaux structurants, changement d’usage — doivent être prises à l’unanimité (sauf clause contraire dans une convention d’indivision).
Problèmes fréquents :
Ce type de conflit est encore plus délicat quand les indivisaires sont aussi usufruitiers ou nus-propriétaires, aux intérêts divergents : l’usufruitier privilégie l’usage, tandis que le nu-propriétaire pense à la valeur patrimoniale à long terme.
📌 En l’absence de convention d’indivision bien rédigée, ce genre de situation peut entraîner l’immobilisme ou la vente judiciaire forcée du bien (article 815 du Code civil).
L’usufruitier bénéficie du droit de jouissance du bien : il peut y vivre ou le louer, et percevoir les revenus. Toutefois, il ne peut pas agir librement comme un plein propriétaire.
Voici ses principales limites :
Ces contraintes peuvent générer des tensions, surtout si les attentes diffèrent : l’usufruitier souhaite souvent préserver l’usage personnel, tandis que le nu-propriétaire vise une rentabilité ou une valorisation future.
La vente d’un bien détenu en indivision et démembré (usufruit et nue-propriété séparés) est particulièrement complexe.
La clé d’un achat en indivision avec démembrement réussi repose sur une structuration juridique rigoureuse et une anticipation des situations de blocage. Cela implique la rédaction de documents notariés solides, mais aussi une réflexion préalable sur la gestion future du bien.
La convention d’indivision est un contrat signé par l’ensemble des coindivisaires. Elle est vivement recommandée (voire indispensable) lorsqu’il y a démembrement de propriété, car elle permet de fixer des règles précises de fonctionnement et d’éviter les conflits.
Voici les clauses prioritaires à prévoir :
📌 Une convention bien rédigée protège chaque partie et simplifie considérablement les décisions à venir.
Le notaire ne se limite pas à enregistrer les actes. Il est le garant de la sécurité juridique de votre montage immobilier.
Ses missions sont notamment :
💡 Astuce : choisissez un notaire habitué aux montages patrimoniaux complexes. Son expertise peut faire une réelle différence.
L’un des écueils majeurs de ce type d’achat est l’oubli d’anticiper la sortie de l’indivision, notamment en cas de décès de l’usufruitier ou de volonté de vente par un indivisaire.
Voici ce qu’il est pertinent d’intégrer dans la convention ou dans des actes complémentaires :
Plusieurs options s’offrent à vous lorsqu’il s’agit d’acheter à plusieurs ou de structurer la propriété d’un bien immobilier. Pour faire le bon choix, il est essentiel de bien comprendre les différences entre l’indivision classique, l’indivision avec usufruit, et la société civile immobilière (SCI). Voici un tableau comparatif clair pour vous guider.
La SCI est recommandée lorsque :
L’achat en indivision avec usufruit représente une stratégie intelligente pour acheter à plusieurs tout en protégeant les intérêts patrimoniaux et familiaux de chacun. Que ce soit pour transmettre un bien à vos enfants, sécuriser votre conjoint ou optimiser votre fiscalité, ce montage mérite d’être sérieusement étudié.
Il nécessite néanmoins une anticipation juridique rigoureuse, l’aide d’un notaire et une communication fluide entre indivisaires pour garantir la réussite du projet. En 2025, alors que la gestion patrimoniale devient de plus en plus stratégique, cette solution apparaît comme une véritable opportunité patrimoniale sécurisée.
Toute personne désignée dans l’acte notarié, souvent un parent, un conjoint ou un membre de la famille.
Non, l’usufruitier seul ne peut pas vendre le bien. Il faut l’accord des nus-propriétaires pour une vente conjointe.
L’usufruit s’éteint automatiquement et la pleine propriété revient au nu-propriétaire sans frais supplémentaires.
Non, sauf si l’usufruitier l’autorise. Il ne peut ni l’occuper ni le louer.
Il est propriétaire en titre, mais ne peut jouir du bien qu’à la fin de l’usufruit. Il doit être consulté pour toute modification majeure du bien.
Oui, mais cela nécessite un montage adapté. La banque analysera la situation de chaque indivisaire et les droits qu’il détient.

Article rédigé par Mélanie Jacquet,
Experte immobilière du blog MeCaza.
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