La loi ALUR a profondément transformé le marché immobilier français, en protégeant mieux les locataires et en responsabilisant les propriétaires. De l'encadrement des loyers à la trêve hivernale, cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir sur cette loi incontournable.
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30/4/2025

Article mis à jour le 5 février 2026.
La Loi ALUR (Loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) constitue un véritable tournant pour le marché locatif et l’immobilier en France. Promulguée en 2014, elle vise à réguler les loyers, renforcer la transparence des copropriétés, améliorer l’accès au logement et moderniser l’urbanisme.
Pour un bailleur, un investisseur ou un professionnel de l’immobilier, ce sujet est crucial : les obligations évoluent, les sanctions s’alourdissent, et le cadre dans lequel opère le propriétaire est désormais plus exigeant. Ignorer ces changements expose à des risques financiers ou juridiques.
Cet article vous propose :
Dans cette première partie, nous dressons un panorama complet de la Loi ALUR : de ses origines, de ses objectifs jusqu’à son impact concret en 2026. L’objectif est de vous donner une vision claire et structurée de ce dispositif afin que vous sachiez exactement où vous vous situez en tant que bailleur ou investisseur.
La loi ALUR, promulguée le 24 mars 2014, s’inscrit dans une volonté d’améliorer l’accès au logement, de renforcer la régulation du marché locatif et de moderniser l’urbanisme.
Parmi les axes majeurs :
En 2026, l’encadrement des loyers demeure expérimenté dans de nombreuses communes et s’étend progressivement aux territoires d’Outre-mer.
Le dispositif concerne les baux signés dans les zones « tendues », où le nombre de logements vacants est limité et la demande forte. Pour les propriétaires, cela signifie qu’ils doivent vérifier la zone d’implantation de leur bien et les plafonds applicables, sous peine de sanctions en cas de non-respect.
Quelques chiffres récents : selon un observatoire, plus de 20 000 annonces ont été analysées entre août 2024 et août 2025 pour mesurer le respect des plafonds de loyer.
Le site PAP indique qu’en zone d’encadrement, le loyer doit se situer entre le «loyer de référence minoré» et le «loyer de référence majoré».
Cela montre que la réglementation est active, que les bailleurs doivent s’y adapter, et qu’un bon suivi de ces données est indispensable pour sécuriser une location.
Cette deuxième partie se concentre sur les conséquences concrètes de la loi ALUR pour vous, bailleur ou investisseur : quelles sont vos obligations, comment le loyer est-il encadré, quels délais de préavis s’appliquent, et quelles nouvelles données vous devez connaître pour opérer en toute conformité.
Pour les logements situés dans une commune en zone tendue, le bailleur doit veiller à ce que le loyer ne dépasse pas les valeurs fixées par l’arrêté préfectoral (loyer de référence minoré/majoré) sous peine de sanctions.
En pratique, cela implique une étude de marché locale et la prise en compte des valeurs officielles pour fixer ou renouveler un loyer.
Télécharger la checklist du bailleur.
La loi ALUR a renforcé les droits des locataires notamment en fixant des délais de préavis spécifiques : pour un bail meublé, le locataire peut donner congé sous un préavis d’un mois dans certaines conditions (zone tendue, mutation, etc.).
Pour le bailleur, le congé doit respecter un délai de six mois s’agissant d’un logement vide et en cas de vente ou reprise.
Ces dispositions modifient donc la gestion du bail et imposent au propriétaire un calendrier plus strict.
La loi ALUR impose également une plus grande transparence : affichage de l’IRL (indice de référence des loyers), fourniture des diagnostics (DPE, plomb, amiante) et information claire des locataires.
Pour les bailleurs, cela signifie :
Ces obligations, si elles ne sont pas remplies, exposent à un risque de nullité du bail ou de pénalités.

Au-delà des obligations légales relatives à la location ou à la copropriété, la loi ALUR impacte aussi fortement la fiscalité des bailleurs et les charges à prévoir. Pour un propriétaire-investisseur, bien maîtriser ces volets permet de sécuriser la rentabilité et d’anticiper les coûts à venir.
Les propriétaires d’un logement loué, soumis à la loi ALUR, doivent compter avec certaines contributions incontournables. Par exemple, dans les zones où la vacance locative est forte ou l’offre rare, des majorations de la taxe d’habitation pour résidences secondaires peuvent s’appliquer, ce qui renforce la pression sur les revenus locatifs.
En outre, les dispositifs d’encadrement des loyers, qui s’inscrivent dans la loi ALUR, peuvent limiter l’augmentation des loyers lors d’un renouvellement ou d’une relocation. Comme l’indique le site du ministère de l’Économie : «Le montant du loyer hors charges ne peut pas dépasser un certain plafond». (Source : Ministère de l'Économie). Il est donc vital d’intégrer ces plafonds et majorations dans votre plan de rentabilité.
La nature du bail (location vide ou meublée) va conditionner le régime d’imposition :
La loi ALUR a renforcé les obligations en matière de diagnostics, de transparence des frais d’agence et de gestion locative. Un guide le souligne : «La loi ALUR renforce la protection des locataires et impose davantage de responsabilités aux bailleurs».
De plus, dans certaines copropriétés, l’obligation de constituer un fonds de travaux ou de produire une fiche synthétique est imposée. (Source : La Centrale Financement). Ces éléments peuvent générer des coûts supplémentaires qu’il convient d’anticiper.
Le succès d’une location dépend autant du loyer fixé que de la qualité du locataire. Dans le cadre de la loi ALUR, fixer un loyer «juste» tout en restant conforme, et attirer un locataire fiable, permet d’optimiser la rentabilité et de réduire les risques (vacance, impayés, litiges).
Dans les zones tendues, l’encadrement des loyers impose un plafond. Le site PAP en indique les modalités : «Le loyer doit se situer dans une fourchette entre le loyer de référence minoré et le loyer de référence majoré.»
Il faut : examiner les loyers du quartier similaire, vérifier si votre logement est soumis à l’encadrement, prendre en compte la qualité du bien (meublé, rénové, performance énergétique) pour ajuster. Un prix mal fixé peut entraîner une vacance prolongée ou un loyer sous-optimal.
Un locataire stable (CDD long, CDI, famille) est souvent un gage de tranquillité pour le bailleur. Sous la loi ALUR, les délais de préavis ont été réduits dans certains cas : ce qui augmente le turnover potentiel.
Il est donc conseillé de choisir un profil qui s’engage pour plusieurs années, avec garanties suffisantes (caution, assurance loyers impayés) pour limiter les aléas.
Le bail doit mentionner clairement toutes les conditions (durée, usage, loyer, charges, diagnostics). Le bailleur doit vérifier la conformité et l’adéquation du bail au bien. La loi ALUR impose une bonne transparence des frais et des engagements.
Des garanties solides (visale selon profil, assurance) renforcent votre sécurité.
La signature du bail n’est que le début de la relation locative. Une gestion proactive, respectueuse des obligations et attentive à la qualité du bien permet de maximiser la durée du bail, de limiter les litiges et d’optimiser la rentabilité.
Un bon accueil, la remise d’un livret d’accueil ou d’un document clair sur les règles (charges, usage, contact en cas de problème) créent une relation saine. Communiquer dès le départ donc instaure un climat de confiance, ce qui peut éviter des incidents plus tard.
Le bailleur doit surveiller régulièrement l’encaissement des loyers. Face à un retard, une relance rapide est essentielle. La loi ALUR a modifié le cadre des litiges et des frais d’agence, il faut donc être rigoureux.
Par ailleurs, l’entretien périodique du logement minimise les dégradations et valorise le bien.
Pour optimiser la durée et la rentabilité d’un bail, il est essentiel de procéder à une revalorisation régulière du loyer à condition que celle-ci reste raisonnable et cohérente avec le marché. Il faut éviter tout effet contre-productif qui pourrait engendrer une vacance locative prolongée.
Parallèlement, maintenir le logement en bon état, avec une performance énergétique à jour, est devenu impératif : à compter du 1ᵉʳ janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués.
Cette double stratégie : l’ajustement calibré du loyer et la préservation du bien, favorise la reconduction du bail plutôt qu’un renouvellement fréquent, ce qui permet de limiter les frais de remise en état, de réduire la vacance et d’installer une relation locative durable.
Avant de lancer votre projet, consultez ce guide pratique : Mettre en location sa résidence secondaire.
Depuis 2014, les honoraires de location étaient bloqués. L'arrêté du 17 juillet 2025 change la donne. À partir du 1er janvier 2026, les plafonds des frais d'agence augmentent. Cette revalorisation suit désormais l'Indice de Référence des Loyers (IRL). Pour les bailleurs, cela signifie une hausse des coûts de mise en location, mais aussi une meilleure qualité de service de la part des agences partenaires.
Le calcul repose sur la variation de l'IRL entre le 3e trimestre 2024 et le 3e trimestre 2025. Le verdict est tombé : les frais grimpent de 0,87% au 1er janvier 2026. Cette indexation annuelle devient la règle. Les agences réajusteront désormais leurs tarifs chaque début d'année. Anticipez cette hausse dans votre budget de gestion locative pour vos prochains baux.
La hausse s'applique aux quatre prestations réglementées par la loi ALUR. Cela concerne la visite du logement, la constitution du dossier, la rédaction du bail et l'état des lieux d'entrée. Attention : ces nouveaux plafonds s'appliquent uniquement aux baux signés à partir du 1er janvier 2026. Les contrats en cours ne sont pas impactés par cette révision tarifaire.
Cette réforme met fin à une exception de plus d'une décennie. Pour consulter le détail des nouveaux calculs et les seuils par zone (très tendue, tendue, non tendue), référez-vous aux informations de Service-Public.fr. En tant qu'expert, je vous conseille de vérifier que votre agence applique le bon barème dès janvier. Une erreur de facturation peut fragiliser la relation avec votre locataire dès son entrée dans les lieux.
La loi ALUR marque un cap essentiel pour les bailleurs : elle impose à la fois un cadre plus strict et offre une opportunité de professionnaliser votre gestion locative. En intégrant les bonnes pratiques : vérification de la zone et des plafonds, bail conforme, gestion rigoureuse ; vous limitez les risques (impayés, infractions, vacance) et valorisez votre patrimoine.
L’encadrement s’applique dans les communes classées «zone tendue», où l’offre de logement est fortement inférieure à la demande.
Le bailleur peut s’exposer à la nullité partielle du bail ou à une diminution de loyer ; l’annonce ou le contrat peut être contesté.
Oui : pour certaines locations en zone tendue, le locataire bénéficie d’un préavis réduit à un mois dans certains cas (mutation, raison de santé…).
Le bailleur doit fournir un logement décent, maintenir l’entretien, donner accès aux diagnostics, fournir les justificatifs des charges, et respecter les règles d’encadrement.
Oui : bien que les principes généraux restent, le type de bail (meublé ou vide) implique des durées, des conditions et des procédures différentes.

Article rédigé par Mélanie Jacquet,
Experte immobilière du blog MeCaza.
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